Sensiblement influencé par les théories de Gilles Deleuze et George Didi-Huberman, le jeune milanais Davide Allieri explore les concepts d’intangibilité et d’intemporalité. Multidisciplinaire, il porte un regard incisif sur la prolifération des images à l’ère des réseaux sociaux.

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l'image en fugue

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Sensiblement influencé par les théories de Gilles Deleuze et George Didi-Huberman, le jeune milanais Davide Allieri explore les concepts d’intangibilité et d’intemporalité. Multidisciplinaire, il porte un regard incisif sur la prolifération des images à l’ère des réseaux sociaux.

Billdor 2.0 prend la forme d’un panneau publicitaire cependant l’information est absente. Y a t-il une volonté de ta part d’éloigner le spectateur du récit ?

Cette installation représente un panneau publicitaire vide, un cadre, une structure sans fonction. En temps normal, ce genre de structure longe l’autoroute et adresse des messages. Ici, par l’absence d’information le panneau devient sculpture. Parallèlement, le laiton offre à l’objet un caractère sacré et noble. A travers cette pièce, j’invite le public à imaginer lui même le récit et à s’interroger de manière introspective sur l’absence d’information.

Est-ce finalement un combat en règle contre toute forme de logique ?

Je dirais que c’est un combat contre la démesure. Nous vivons dans une société d’opulence et d’excès. L’image nous obsède. Je suis assez déconcerté par la quantité de photographies, de produits, d’œuvres d’art qui défilent sous nos yeux tous les jours. Je pense qu’un certain nombre d’artistes s’égarent dans leurs visions. J’ai voulu m’interroger sur ce qui peut se cacher derrière l’image. La démonstration de l’objet est-elle plus importante que l’objet lui-même ?

Le laiton a t-il une signification dans ton travail ?

C’est un matériau que j’affectionne particulièrement. Quelque chose de précieux se dégage de ce métal. Il ne cesse d’être exploité et traverse les époques tout en se renouvelant. En dehors de son évocation religieuse, le laiton symbolise dans mon travail une forme d’intemporalité.

Quelles places occupent tes dessins et tes collages dans ton processus?


Ils interviennent dans mes recherches de deux manières. Ils m’aident dans certains cas à projeter une sculpture ou une installation et d’autres fois, ils me servent à créer des connexions avec d’autres pièces. Je les envisage comme un langage à part entière. Ils me permettent de saisir plus en profondeur une idée.

Quelle approche se cache derrière ta pièce Plain Corners ?


Je voulais travailler sur l’idée d’invisible, sur la partie négative d’une forme. Cette série s’installe dans un cycle de recherche sur la question de l’intangible et des formes périmétriques. J’ai moulé des coins de l’espace (existant ou imaginaire) avec un mélange de plâtre et de pigments. Les moulages sont le résultat de l’action sur la surface de la forme. En cela, l’objet obtenu est la matrice de la structure existante et l’expression de l’absence. Ces formes s’additionnent ensuite les unes aux autres dans l’espace d’exposition.

Interview: Alice Lahana

Crédits photo: Davide Allieri

http://davideallieri.com/

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