gesine foersterling

hyères, et après?

Veste homme collection gesine foersterling

Récompensée par le très prestigieux prix Chloé au festival d’Hyères en 2016 pour sa collection homme, Gesine Foersterling marque les esprits en abattant les frontières entre masculin et féminin. Des broderies et des tissages s’entremêlent sur fond de coupes brutes, inspirées de tenues de travail. Aujourd’hui, la jeune créatrice poursuit ses recherches sur l’artisanat traditionnel et s’apprête à dévoiler une collection de bijoux unisexe.  

"Les phénomènes sociologiques et esthétiques influencent fortement mes créations."

Qu’avais-tu souhaité explorer dans la collection homme de 2016  ?

Dès le début, mes collections reposaient sur des processus artisanaux. J’ai voulu réinterpréter et incorporer ces techniques de fabrication à mes propres textiles, motifs et impressions. Ce qui me fascine dans la mode, c’est l’interaction entre l’art et l’air du temps. Les phénomènes sociologiques et esthétiques influencent fortement mes créations.
J’ai joué avec les limites entre masculin et féminin dans ma collection en juxtaposant des broderies ornées de perles, de paillettes et de fils sur des aplats de tissus. Pour autant, je ne voulais pas perdre de vue des aspects tels que le confort et la modernité.

"Je regrette que les hommes soient encore aujourd'hui confrontés à des stéréotypes et des critiques lorsqu'ils portent des tenues accrocheuses et colorées."

Cette collection était à la fois exubérante et élégante. Pourquoi était-il important pour toi d’offrir aux hommes l’occasion de s’exprimer fièrement par leurs vêtements?

Je pense que nous vivons une période très excitante. Nous entrons dans une nouvelle ère, le discours sur le genre est par exemple  de plus en plus présent. La jeune génération ne doit pas être la seule à participer à ce changement, les créateurs aussi doivent prendre part à cela activement.
Je regrette que les hommes soient encore aujourd’hui confrontés à des stéréotypes et des critiques lorsqu’ils portent des tenues accrocheuses et colorées. Après tout, nous devrions tous nous amuser avec nos vêtements.

Est ce que tu as la sensation que ce prix t’a donné plus de liberté et d’opportunités  ?

Je pense que la liberté est quelque chose que l’on peut créer par soi-même et pour soi-même selon les décisions que l’on prend, que ce soit dans sa carrière ou dans son intimité. Pour autant, ce prix m’a permis de rendre visible mon travail et d’obtenir un soutien considérable. Cela m’a ouvert à d’autres opportunités comme notamment le fait de pouvoir présenter ma collection sur différentes plateformes.

Pourrais-tu nous en dire plus sur ta future collection de bijoux?


J’ai commencé à m’intéresser à l’orfèvrerie après mes études de mode. J’aime aussi bien me confronter à des matériaux traditionnels qu’à des matériaux éloignés de cet artisanat. J’ai eu la chance de travailler avec une orfèvre qui m’a beaucoup appris et m’a poussée à continuer dans cette direction.

J’aimerais en tant que créatrice proposer des alternatives à l’hyper consommation en développant des objets durables. Ma future collection de bijoux est pensée de manière à s’intégrer naturellement au quotidien et à dialoguer de manière sensible avec les vêtements. Je crois que le plus important est d’apprendre à communiquer ces idées tout en restant authentique.

Il faudra patienter un peu avant de pouvoir découvrir la collection: sortie prévue Janvier 2020. Certains prototypes sont cependant déjà dévoilés sur le compte instagram de Gesine  Foersterling

Interview : Alice Lahana

Crédits photo: Marlen Mueller

http://www.gesinefoersterling.com/

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