helder barbosa

la forme avant tout

Lampe Bourrelet Helder barbosa rouge blanc

Ce n’était pas une évidence. Il n’en rêve pas depuis tout petit. Pourtant face à ses objets, on se demande comment il a fait pour ne pas avoir la révélation plus tôt. Helder Barbosa s’était imaginé travailler dans la communication mais après des études qui n’éveillaient en lui ni la curiosité, ni l’enthousiasme, il éprouve l’envie d’exploiter ses mains plutôt que sa voix. C’est sur la formation d’ébénisterie à l’Ecole Boulle qu’il porte son dévolue. Il dit rechercher une légitimité, et que celle-ci ne peut naître sans la connaissance d’un savoir-faire traditionnel.

Bourrelet lampe helder barbosa quatre coloris

Alors il bûche, ingurgite tout ce qui peut lui être utile, convaincu de n’aimer que le bois, rien que le bois. Mais après un an à assister un menuisier, il s’ennuie. « Il me manquait la partie créative. Il s’agissait juste d’exécuter, il fallait que j’explore. » raconte Helder. Il rencontre alors le sculpteur Arnold Goron, qu’il accompagnera dans ses projets pendant plus de trois ans. A ses côtés, il apprend à travailler l’acier, le laiton, l’aluminium et même les sacs plastiques. « J’ai pris conscience à ce moment là que je n’étais pas obligé de me limiter au matériau bois. Progressivement, tout devenait exploitable. »

Il expérimente alors dans son coin – du polystyrène d’abord, qu’il dissèque pour en faire des abat-jours ou des tabourets. Même si avec le recul, il ne les apprécie plus autant qu’au début, ces objets sont marqués par la volonté de s’éloigner du traditionnel, de s’ouvrir à l’inconnu. Interrogé sur son processus, Helder répond brièvement et spontanément « La forme avant tout. » Ce pourrait être un slogan mais c’est un maître mot. La forme émerge dans sa tête, très souvent lorsqu’il est sur le point de s’endormir et dans cet instant de semi-éveil, il la manipule dans son esprit, cogite, jusqu’à trouver le matériau parfait, celui qui permettra de rendre réel ce qui n’est alors qu’une image.

C’est dans un entre deux qu’il avance, comme en équilibre. Il n’a pas appris à modéliser les objets en 3D sur ordinateur, à faire des maquettes, à donner du sens à tout, n’ayant pas eu le parcours d’un designer. Il aurait pu se laisser séduire par le dessin technique, enseigné par les plus grands à l’École Boulle, mais il en est quasi phobique. Il a bien un savoir-faire du bois mais pour le reste, il avance à l’aveugle. « Je ne suis spécialiste de rien. » ironise t-il. Pas tout à fait artisan, pas tout à fait designer, il utilise l’accident comme moyen de saisir l’objet et ses limites. L’instinct rythme son processus, l’erreur marque les étapes. Sa boulimie créative, quant à elle, l’entraîne dans une suite sans fin d’expérimentations.

Banc Pool Helder barbosa béton

Il chauffe un tube pvc, « un peu par hasard, sans trop savoir pourquoi » et prend soudain conscience de son élasticité. Le banc Pool, mirage parmi les mirages, né alors. Tubulaire et minimaliste, il trouve toute sa singularité dans son matériau, le béton, coulé préalablement dans ce fameux tube pvc. Obsédé par le pli, Helder Barbosa, le fait apparaître sur une lampe. Intitulée Bourrelet, cette lampe de chevet aux airs anthropomorphiques, saisit par sa simplicité. « Je souhaiterais que mon mobilier traverse le temps. Je vois dans le minimalisme un moyen de m’inviter dans les espaces et de n’être prisonnier d’aucune mouvance. » raconte Helder avant de conclure « même si je n’ai aucun savoir-faire précis, c’est la technique qui prime dans mon travail. Plus j’explore les matériaux, plus l’horizon s’agrandit. »

Disponible sur le store de l'Observatoire!

Article: Alice Lahana

Crédits photo: Helder Barbosa

helderbarbosa.com

 

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