La cube

dépasse les bornes

Studio La cube lampe rose

Fondé par l’historienne en Art Clara Hernandez et l’artiste-designer Stefano Fusani, La Cube est un studio de design expérimental. A travers l’installation, l’édition d’objets et l’écriture, le duo remet en question la vie matérielle au 21ème siècle et affiche un désir d’abattre les frontières entre les disciplines.  

La cube untitled pink lamp

Comment définiriez-vous votre lampe Untitled Pink?

Il s’agit d’un projet expérimental sur la lumière. On a cherché à créer une lampe qui, en plus d’illuminer l’espace s’illuminerait elle-même. Le tube d’aluminium nous est apparu comme un moyen de maintenir une cohérence visuelle avec le néon. A travers cette matérialisation, le but était de montrer les fondements du processus. Nous souhaitions rendre visible les actions et les gestes qui le constituaient.

Selon vous, qu’est ce que l’Art permet que le Design ne permet pas?

La différence entre Art et Design est un sujet souvent discuté. Pour nous, il s’agit principalement d’une différence de catégories. Qu’est t-il permis de faire dans l’une et pas dans l’autre? Le sens de l’Art est questionné depuis de nombreuses années. C’est un monde conscient de lui-même, capable de critique et d’auto-critique. Le monde du Design, lui, s’intéresse plus au produit et à sa fonctionnalité qu’à sa propre essence. Mais aujourd’hui, il y a de plus en plus de designers indépendants. Cette autonomie permet une analyse plus directe des origines des mécanismes et de la fonctionnalité de l’objet. C’est cela qui entraine les designers dans une dynamique similaire à ceux des artistes. Ce processus d’appropriation de la méthodologie  permet d’envisager une pièce de Design en tant qu’objet d’Art et d’estomper les frontières entre les deux disciplines.

la cube sculpture collection objet

"Nous pensons que la fonction d'un objet est de mettre en avant les problématiques qui l'entourent. "

Que cherchez-vous à observer en éloignant l’objet de sa fonction  ?

Nous percevons la fonction de manière très large. Pour nous, cela va au delà de l’utilité de l’objet. Nous pensons que la fonction d’un objet est de mettre en avant les problématiques qui l’entourent. Elle sert à rendre visible une vie matérielle et les habitudes spécifiques à notre époque actuelle. La matérialisation de l’objet est en conséquence l’analyse de sa propre production, de son origine et de son sens.

La cube objet sculpture

L’année dernière vous avez organisé l’exposition The Librarian Room. Pourriez-vous nous en dire plus?

Nous constatons depuis plusieurs années qu’un certain nombre de designers indépendants envisagent le design de manière non conventionnelle. C’est quelque chose qui nous correspond aussi. Cela nous a amené à organiser des évènements qui reflètent ces différentes réflexions sur les processus de production contemporaine. L’un d’entre eux a pris la forme d’une exposition. Nous en étions les commissaires avec les architectes du collectif Parasite 2.0 et nous avons collaboré avec la maison d’édition Corraini Edizioni. Nous avons invité huit designers à produire chacun un objet inspiré d’un livre édité par Corraini Edizioni. Le point de départ était une réflexion sur l’obsolescence programmée de certains objets, causée par l’introduction de nouvelles technologies. Pour Corraini Edizioni, c’était un moyen de parler du monde de l’édition et de sa diffusion. Pour nous les commissaires, il s’agissait de mettre en avant les obsessions des designers quant à la production d’objets.

The librarian room exhibition La cube

Interview: Alice Lahana

Crédits photo: La Cube

https://www.studiolacube.com/

autres articles

une

Duo agile

Episode Studio voit le jour en 2018 entre Milan et Paris. Ses deux créateurs, Marina Daguet et Nathan Baraness célèbrent le quotidien en donnant grâce à d…

Une

Snapshots, Iran

La photographe australienne Sarah Pannell voyage depuis plusieurs années en Iran. De Téhéran à Trabiz, Elle saisit aussi bien des instants de vie que de vastes paysages pleins de lumière. Ses déambulations urbaines sont pour elle un moyen de s’interroger sur les …

simone holliger

Les formes libres

Les sculptures de Simone Holliger envahissent l’espace autant que nos esprits. Flottantes, difformes, majestueuses, elles nous dominent avec une assurance troublante. On se sent petits mais étrangement apaisés. Peut être parce qu’elles invoquent en nous des souvenirs d’enfance ou bien parce qu’elles nous projettent dans un décor de théâtre – abstrait, coloré, silencieux. Crayonnées pour …

© L’Observatoire Magazine – 2019

Fermer le menu