lucile boiron

womb

Jeune photographe française, Lucile Boiron explore le transit du corps humain et d’autres formes de vie organiques. Ses images nous atteignent par ce qu’elles ont d’intime et parfois nous gênent.  À l’occasion de la sortie de son livre Womb en Septembre 2019, L’Observatoire a demandé à Lucile de nous donner un aperçu de son travail photographique.

lucile boiron womb photographie

WOMB


« J’ai commencé à prendre en photos les femmes de ma famille il y a quelques années. Les portraits se sont progressivement mués en vision de corps fragmentés. En leur présence je redevenais un enfant qui observe le monde à travers un microscope. Par le truchement de la focale, j’accédais à une autre perception, celle d’un corps organique, et mouvant. Je me suis mise à réaliser dans le même temps des natures mortes et à les faire dialoguer avec ces portraits tronqués. Sans doute était-ce une façon de battre en brèche l’image du corps féminin comme chair fraîche, de le libérer de toutes injonctions pour célébrer la vie et la mort. »

CARTOGRAPHIE

« Petite déjà, les jambes lézardées de ma grand-mère me fascinaient. Je suivais ces ruisseaux bleus du bout du doigt, cherchant à déchirer le mystère de leurs cartographies. »

lucile boiron photogrphie jambe veines

FESTIN

« Je plonge les mains à l’intérieur d’un maquereau pour en extraire les entrailles. L’amas gluant atterri dans un sac plastique. Il fait chaud, le spectacle me lève le cœur autant qu’il me fascine. Les mouches s’affairent, les morceaux de chairs se parent de nouvelles couleurs. Ici, la vie et la mort sont à l’œuvre. »

Festin lucile boiron photographie nourriture

CADAVRE EXQUIS


« C’est la fin de l’été, dernier bain avec mes petites sœurs. Lorsque la plus jeune s’étend dans l’herbe, je remarque ses pieds bleuies et fripés par l’excès de nos jeux. Posés sur un voile de soie rouge l’effet est saisissant, ils pourraient appartenir à un cadavre. Il y a la encore cette idée de double mouvements propre à la photographie: figer la vie pour l’enfermer dans un cercueil. »

lucile boiron

VORE

« Ma mère a toujours aimé cuisiner. Elle nous a transmis cet amour. Toucher, pétrir, goûter, manger. Il me semble que la bouche est le premier organe à travers lequel nous avons appréhendé la vie. »

Texte : Suzan Van Borkum & Lucile Boiron

Crédits photo: Lucile Boiron

Lucile Boiron

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© L’Observatoire Magazine – 2019

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