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Avec sa marque Super Marché, Monia Sbouai transforme les vêtements de seconde main pour créer une ligne unisexe décontractée. Fruit d’un long processus d’exploration des matières et des coupes, la collection Super Marché évolue aux antipodes de la fast-fashion.

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Ta marque repose sur le principe de l’upcycling. En quoi cela consiste concrètement?

Je me procure les tissus ou les vêtements dans des ressourceries comme Emmaus. Suivant les trouvailles je vais imaginer plusieurs séries. En ce moment je propose des trenchs auxquels j’ai changé les manches. Les bases de ces trenchs se ressemblent au premier regard mais sont en réalité uniques car chaque trench à une provenance différente. Les tissus que j’utilise pour remplacer les manches existantes sont eux aussi très divers et entraînent le vêtement vers un nouveau cycle de vie.

Les vêtements sont-ils crées au sein même de ton atelier ou à l’extérieur?

Je travaille avec un atelier d’insertion sociale à Saint de Denis. Dans un premier temps je réalise de mon côté les découpes de toutes les pièces qui vont constituer le vêtement puis j’entame une phase de prototypage de façon à déterminer les coupes les plus adaptées et enfin une fois la série constituée, je l’apporte à l’atelier à Saint Denis. A ce stade le vêtement est « en kit ». L’assemblage a ensuite lieu là bas.

Comment définirais-tu ta ligne?

J’aime penser que le vêtement que je propose s’adapte à une allure ou un style de vie. Selon le contexte il peut paraître simple comme sophistiqué. C’est important pour moi que la personne qui le porte se l’approprie et se sente à l’aise de l’utiliser aussi bien pour faire ses courses le dimanche que pour sortir le soir.

L’industrie du textile est l’une des plus polluante au monde. La fabrication d’un t-shirt requiert en moyenne 2720 litre d’eau. 10,5 millions de tonnes de vêtements sont jetés chaque années dans des décharges rien qu’aux Etats Unis. Face à tout cela, on assiste à un déni quasi général. Quel regard portes-tu sur ce désastre?

Je crois que l’on se réveille progressivement. Jusqu’à récemment on se sentait tous assez éloignés de ces problématiques bien que conscients que derrière les petits prix se cachait une sombre réalité. La société de consommation a permis à une partie de la population d’accéder à des produits auxquels elle n’avait pas accès. Il est de ce fait difficile pour beaucoup d’entre nous d’en finir avec ce mode de consommation.

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Est ce qu’il ne devrait pas y avoir plus de campagnes de sensibilisation de la part des politiques ?

Oui c’est certains mais il faudrait aussi plus de mesures. Je pense notamment à Emmaus qui tente de faire passer une mesure qui interdirait les marques de prêt à porter de jeter leur stock et les obligerait à les donner à des associations. Cela changerait tout. Le prêt à porter n’aurait aucun intérêt à donner gratuitement des habits donc il réduirait massivement sa production.

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Interview: Alice Lahana

Crédits photo: Emilie Royer (1,4,5)

                    Chloé Bruhat (2,3,6)

https://supermarcheparis.bigcartel.com/

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© L’Observatoire Magazine – 2019

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