regards croisés

les cumulables: épisode 2

Cumulables exposition collective vue vase en verre

À la suite de l’exposition Cumulables, Mathilde Rouiller, chercheuse indépendante en performance et en design s’est entretenue avec les jeunes exposants pour saisir leurs points de vue sur le design d’aujourd’hui. Ces regards croisés sont publiés sur l’Observatoire, sous forme de courts épisodes. Voici l’épisode 2

 1. Sur la pratique des jeunes créateurs
Durant les beaux jours, de la Design Parade à la Paradis Design Week en passant par la Biennale de Vallauris, on pouvait voir exposé de nombreuses œuvres des Cumulables tels que le vase Brick de Constant Clesse, les installations architecturales d’Emmanuelle Roule ou encore Vestiges du Studio Baptiste&Jaina.
Se retrouvant dans des canaux de diffusions variés, leurs chemins et parcours se décroisent, ne se suffisant alors plus à un seul mode de représentation. Avec des projets hétéroclites tant dans leurs thématiques que dans leurs utilisations, comme l’illustre la création de bijoux de cheveux pour le défilé Mugler SS20 par Lorette Colé-Duprat, la jeune création s’inscrit dans une tradition tout en la renouvelant, lui donnant plus de liberté, d’interchangeabilité et d’externalité.

Mais ces renouvellements ne se proposent pas seulement dans les modèles d’image, ils apparaissent aussi à travers les procédés de création. Souvent, ces designers contemporains discutent leur propre statut en s’impliquant eux-mêmes depuis le processus conceptuel jusqu’à l’exécutif de leurs œuvres. C’est le cas de Pia Chevalier, qui à travers sa recherche expérimente «  directement sur du volume des phénomènes vivants comme l’oxydation  », recréant un lien fort entre sa formation et sa pratique artistique. Pour les designers du Studio Baptiste&Jaina, le procédé est aussi important que la forme. Travaillant leurs couleurs à partir d’oxyde, comme pour la collection Genèse du Nil dont la couleur est une base d’oxyde de cobalt, la teinte développée se fait propre à chaque cuisson, «  même si parfois la perception peut amener à faire penser à une unicité » – Un trompe l’œil qu’ils déploient eux-mêmes dans leur studio grâce aux moules et pistolets utilisés afin de réaliser ces finitions si douces pour objets si fragiles.

D’autres comme Constant Clesse, Lorette Colé-Duprat, ou Jules Lobgeois trouvent essentiel de s’impliquer concrètement dans le processus de fabrication. Pour les vases de Constant, le travail est fondé sur une collaboration avec des artisans verriers. Les moules en briques réfractaires créés pour son vase Brick lui ont alors permis de jouer avec la forme et d’apporter sa signature à ce travail artisanal. Jules qui a toujours été au contact du métal et du bois, a quant à lui développé une technique d’assemblage n’impliquant aucune découpe ou transformation majeure mais un système de soudure invisible pour son vase Cathédrale.
On le voit bien, il s’agit donc pour chacun de créer, tout en ayant conscience de l’artisanat qu’implique une œuvre, n’arrêtant pas le designer à l’idée de concept mais le réconciliant avec son statut de plasticien.

Texte : Mathilde Rouiller

Crédits photo: Léon Prost

https://www.instagram.com/cumulables/

De haut en bas

(1) Studio Baptiste&Jaina et Constant Glesse

(2) Léa Mestres

(3) Lorette Colé-Duprat & CERY

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