studio mieke meijer

Les typologies

Au fil des ans, la répartition des rôles entre les deux fondateurs de Studio Mieke Meijer s’est estompée. Celui-ci a maintenant développé une signature unique qui révèle à travers chaque nouvel objet ce qu’il peut y avoir de simple et de beau dans les productions industrielles. Le duo de designer Mieke Meijer et Roy Letterlé s’attachent à faire transparaitre des éléments architecturaux par de multiple références. Les cadres ouverts, les éléments déconstructifs et les détails structurels sont les maitres mots du studio. Mieke Meijer nous en dit plus aujourd’hui.

Ces dernières années, les commandes dans l’espace public se sont multipliées au sein de votre studio. On pense notamment au projet « Courtyard Culture » à Beyrouth ou encore à l’installation « Coal Drops Yard » à Londres. Votre travail commence à porter ses fruits?

Absolument. Le projet Coal Drop Yard a été une chance considérable pour nous. Il nous a donné l’occasion de transformer nos luminaires abstraits en une installation à grande échelle dans l’espace public et sur un site exceptionnel. Le projet Courtyard Culture nous a donné la possibilité de créer une installation contemporaine tout en explorant l’architecture typique des logements sur cour au Moyen-Orient. Ce qui nous intéressait c’était de puiser dans un héritage différent des valeurs et des formes actuelles.

"Je pense que le design actuel a parfois tendance à être excessif et à perdre en efficacité."

studio mieke meijer courtyard light installation

Une grande partie de vos créations met en avant la beauté de l’architecture industrielle, comme par exemple le luminaire « Cooling Tower », inspiré du travail photographique du duo Bernd & Hilda Becher, connus pour leur typologie de bâtiment industriel. J’y vois quelque chose de nostalgique et mélancolique. Qu’est-ce qui vous attire dans l’architecture industrielle de cette époque ?

Il s’agissait de penser l’architecture de façon purement fonctionnelle en accordant moins d’importance à l’esthétisme. On portait beaucoup d’attention aux matériaux et à ce qu’ils pouvaient permettre de manière simple et efficace. Chaque décision reposait sur l’économie de moyen. Il y a une force et une beauté qui ressortent de ces immeubles et que montrent parfaitement les photographies de Bern et Hilda Becher. Je pense que le design actuel a parfois tendance à être excessif et à perdre en efficacité.

studio mieke meijer

Vous enseignez tous les deux désormais dans des écoles de Design. Quelle leçon retenez-vous de vos propres études?

Une chose que je regrette, c’est de ne pas avoir pas su profiter davantage de mes années passées à l’école. Rétrospectivement, j’aurais dû plus utiliser les ateliers et les machines mises à disposition. En outre, il existe un très grand réseau de personnes influentes dans l’industrie du design liées à l’école et j’avais peut-être un peu peur de les approcher à l’époque. J’avais l’impression qu’il fallait se plonger dans ses propres projets et terminer le plus vite possible. Maintenant, en tant qu’enseignant, je constate que les étudiants qui profitent de toutes les opportunités qui leur sont offertes, en bénéficient plus tard dans leur carrière.

Interview : Suzan Van Borkum

Crédits photo: Studio Mieke Meijer

https://miekemeijer.com/

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